Je tricote depuis 43 ans...
43 ans….
Je tricote depuis 43 ans.
Dit comme ça, le chiffre impressionne.
Mais pour moi, il ne parle pas de performance. Il parle de temps, de gestes répétés, d’un chemin qui continue encore aujourd’hui, parce qu’après toutes ces années, j’ai encore tellement à apprendre et à améliorer
Le tricot a toujours été pour moi un espace à part, un endroit où le rythme ralentit, où les mains travaillent pendant que l’esprit se pose : il y a la patience, la déconnexion, bien sûr…
Mais au bout du compte, il y a surtout la création. Avec un fil et deux aiguilles, quelque chose naît : un vêtement prend forme
Et ça, franchement, je trouve ça toujours aussi incroyable : un peu magique, même
Avec les années, ce geste ne m’a plus suffi.
J’ai eu besoin de comprendre ce que je tricotais, d’où venait la matière, comment elle vivait, comment elle vieillissait🧶
À cette période, travaillant en extérieur, j’ai cherché alors une fibre à la fois chaude et douce. C’est en Octobre 2011 que nous avons croisés le regard d’un alpaga…Et que plus tard, nos 9 premiers alpagas sont entrés dans nos vies 🥰
Mais très vite, nous avons compris qu’il y avait… alpaga…et alpaga La chaleur était toujours là, mais la douceur, elle, elle pouvait être extrêmement différente d’un animal à l’autre.
Alors année après année, nous avons observer, toucher, comparer et fait le choix d’orienter notre travail vers la qualité des toisons de nos alpagas sur plusieurs points, notamment la finesse, et surtout sa stabilité dans le temps, sans jamais effacer l’individualité de l’animal.
Car c’est aussi ce qui nous a amenés à travailler les toisons et à les faire filer animal par animal, parce que justement, chaque alpaga a sa propre matière et son histoire. Sa structure. Sa finesse. Sa couleur. Sa lumière.
Alors quand je tricote, je pense tout naturellement à l’alpaga qui m’accompagne encore, comme si sa présence semblait s’être glissée dans la matière, maille après maille 🦙🧶
Tour de cou tricoté avec la laine de MOAN, MIMOSA et LEÏN
Au fil des années, je suis toujours aussi fascinée et passionnée par le travail sur l’amélioration des toisons parce que, c’est à la base de tout….
Un très beau fil parle d’abord aux yeux par son gonflant, ses reflets, ses couleurs naturelles, franches et profondes
Un fil qui ne doit rien au hasard, mais au temps qu’on lui accorde, aux choix et à la patience : car on a rien sans rien
Puis il parle aux mains….La douceur sous les doigts à chaque maille : un bonheur simple, mais intense….Que la nature est belle 🤩
Et enfin, il y a cette petite chose qui me fait toujours sourire…En 43 ans de tricot, je n’ai jamais tricoté de jacquard
Comme quoi, même après tout ce temps,
le plus beau, ce n’est peut-être pas ce que l’on maîtrise, mais tout ce qu’il reste encore à découvrir.